La Règle d'Abraham

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La Règle d'Abraham R***e annuelle d'herméneutique principalement consacrée à l'étude des Traditions ésotériques issues des trois Révélations monothéistes

Compte rendu du livre ‘Le Zohar', anthologie traduite, établie et présentée par Michaël Sebban, paru aux éditions Bouqui...
05/03/2026

Compte rendu du livre ‘Le Zohar', anthologie traduite, établie et présentée par Michaël Sebban, paru aux éditions Bouquins, 2025.

Dans un style déstructuré, souvent inintelligible et même maladroit, A. Chouraqui avait publié autrefois une traduction de la Bible (1990) qui avait suscité une curieuse fascination chez les lecteurs de l’époque. Par certains côtés, cette anthologie du Zohar peut malheureusement y faire penser. Ce que nous aurions souhaité honorer comme un événement éditorial et surtout spirituel, compte tenu de l’importance considérable de ce corpus central de la kabbale juive, nous apparaît hélas, comparé au travail savant et éclairant de Mopsik, pour le moins contre-productif. La manière de présenter le texte est déjà problématique dans la mesure où celui-ci est précédé de courtes introductions qu’on devine être du traducteur (M. Sebban) et entrecoupé de notes de ce dernier! Puisqu’il s’agit d’un “choix de textes” (p. XXII), certains passages n’ont pas été traduits comme ceux très importants sur Hénoch dont nous avons souligné régulièrement le rôle capital dans la tradition ésotérique juive... Mais le plus grave réside dans la traduction elle-même. On rappellera ici qu’un traducteur ne doit pas seulement connaître la langue qu’il traduit, il doit surtout parfaitement maîtriser la langue vers laquelle il traduit. Une bonne traduction ne doit donc en aucun cas être littérale, elle doit être une transposition, une adaptation qui doit avant tout respecter la signification et la profondeur de l’original, surtout dans le cas spécial du Zohar qui a vocation à dévoiler le sens caché de la Tora. La portée métaphysique du texte clairement perceptible dans la traduction de Mopsik est ici imperceptible, ce qui le rend par conséquent inutilisable. Le non-respect élémentaire de la syntaxe française donne des phrases écrites dans un style télégraphique particulièrement désagréable qui frôle le charabia. Une phrase de la Genèse (12, 11) est par exemple traduite: “je savais que femme belle d’aspect toi” (p. 100), ce qui n’apporte rien et rend même cette lecture insupportable dans la mesure où la quasi-totalité de l’ouvrage est traduite de cette façon. La formule “nous briquetterons des briques” (p. 85) fera penser à celle de Chouraqui “la terre gazonnera du gazon” (Gn 1-11)... On s’interrogera donc sur les conditions dans lesquelles cette édition a pu être dirigée! Alors qu’il existe au moins deux traductions complètes du Zohar en anglais, il convient dans les circonstances présentes d’insister sur le fait qu’une édition critique intégrale en français du Zohar par une équipe compétente serait indispensable dans notre pays où le Bahir fit son apparition au XIIe siècle! Celle-ci pourrait enfin donner une base solide à la recherche sur l’ésotérisme hébraïque.

Patrick Geay

Compte rendu du livre ‘Savoirs cachés’, sous la direction de J.-P. Brach, G. D’Amico, A. Jeanson, D. Kahn et M. Scherer,...
22/02/2026

Compte rendu du livre ‘Savoirs cachés’, sous la direction de J.-P. Brach, G. D’Amico, A. Jeanson, D. Kahn et M. Scherer, paru aux éditions PSN, 2025.

Une historiographie de l’approche universitaire de l’ésotérisme serait nécessaire. Loin d’être toujours objective ou “scientifique” celle-ci repose sur bon nombre de présupposés qu’il faudrait mettre en lumière. À l’évidence, la culture démocratique est embarrassée par l’idée d’une connaissance réservée qui ne serait pas accessible à tous. Comme le révèle à nouveau ce collectif, le véritable ésotérisme est souvent hors d’atteinte pour l’historien moderne. Car soit il est purement et simplement nié (A. Faivre), soit il est confondu avec des domaines qui lui sont étrangers, dans le but d’en donner une image dégradée ou sulfureuse. D’emblée, le fait de matérialiser la quête alchimique ou de substituer sans aucun discernement la magie ou l’astrologie – voire le magnétisme – à l’ésotérisme montre à quel point celui-ci est incompris ou évité ! Rien dans cet ouvrage sur l’arithmologie ni sur la kabbale, car il ne faudrait pas donner un contenu à une quelconque doctrine ésotérique présumée absente (U. Eco). En fait, la modernité ne peut pas accepter la notion même d’un “savoir caché”, donc elle l’exclut ou le tourne en dérision. Si elle le reconnaissait ou le respectait, comme c’était encore en partie le cas d’un F. Secret, elle devrait renoncer à elle-même. Via les institutions qui lui permettent d’écarter toute autre vision, il s’agit, répétons-le, d’instrumentaliser la recherche, de la contrôler pour imposer stratégiquement une conception déformante et corrompue de l’ésotérisme, bien loin de la tradition mystérique hâtivement évoquée au début de ce volume (pp. 11-12). On en vient d’ailleurs à se demander si l’occultisme n’est pas préféré, car plus facile à traiter que les arcanes de la cosmologie hébraïque ou de l’hermétisme antique qui exigent un autre niveau de compétence et un travail autrement approfondi. Parler des almanachs (p. 85) paraîtra donc très anecdotique comparé à tout ce qu’on pourrait dire ! Le fait d’insinuer l’existence d’un lien entre ésotérisme, sorcellerie, magie noire et initiations diaboliques (p. 149) relève même d’un amalgame particulièrement douteux qui satisfera tous ceux qui sont victimes d’un préjugé hostile à l’ésotérisme... Les tentatives d’associer celui-ci à certaines expressions marginales de l’art contemporain influencées par le théosophisme (p. 153) paraîtront aussi bien peu sérieuses sachant que la secte de Blavatski n’a aucun rapport avec la pensée ésotérique !
Une impression de confusion extrême se dégage par conséquent de cette publication qui cultive un mélange des genres que nous avons souvent dénoncé et que Guénon avait pourtant clairement signalé et critiqué il y a longtemps.

Patrick Geay

Parmi la multitude de publications récentes de qualité médiocre consacrées aux livres de René Guénon, nous tenons à salu...
06/02/2026

Parmi la multitude de publications récentes de qualité médiocre consacrées aux livres de René Guénon, nous tenons à saluer la très belle réédition du Roi du Monde aux Éditions Allia, disponible à partir du 6 mars 2026 au prix de 8 €.

https://www.editions-allia.com/fr/livre/1095/le-roi-du-monde

Le numéro 47 de la r***e La Règle d'Abraham (déc. 2025, 29e année) est maintenant disponible.Au sommaire de ce numéro:  ...
28/12/2025

Le numéro 47 de la r***e La Règle d'Abraham (déc. 2025, 29e année) est maintenant disponible.

Au sommaire de ce numéro:
- Marsha Keith Schuchard - Aux sources de la Grande Loge des “Antients”
- Gauthier Pierozak - Les origines légendaires de Fécamp et le lien symbolique entre l’Aubépine de Glastonbury et le Figuier du Précieux Sang
- Jean-François Houberdon - Masculin et féminin en Islam (III) - À propos d’un livre d’Éric Geoffroy
- Patrick Geay - Marx, Heidegger et la technique moderne
- Kathy Dumont - Prisca theologia - À la redécouverte d’une tradition spirituelle oubliée
- Gilles de Viterbe - Introduction au 'Livre des lettres hébraïques'
- Comptes rendus

https://regle-abraham.com

Compte rendu du livre ‘La bêtise artificielle’ d’Anne Alombert, paru aux éditions Allia, 2025.    Dans un article très p...
15/09/2025

Compte rendu du livre ‘La bêtise artificielle’ d’Anne Alombert, paru aux éditions Allia, 2025.

Dans un article très pertinemment intitulé “L’esprit mécanisé par lui-même” (2000), J.-P. Dupuy avait déclaré que “la cybernétique ce n’est pas l’anthropomorphisation de la machine, c’est d’abord la mécanisation de l’humain”. Pour que l’IA soit concevable il fallait en effet passer par une matérialisation (théorique) de l’intelligence naturelle sans laquelle le concept d’une machine “intelligente” était impossible. C’est ce qui constitue la première faute originelle de ce programme technologique, pour ce motif intrinsèquement pervers. En liaison étroite avec le capitalisme, qui tire toute sa puissance du machinisme et surtout de la pseudo-religion transhumaniste, comme le note très justement l’auteure dès le début de cet essai clairvoyant, l’IA est cependant aussi une “simulation de l’humain”, forcément illusoire car non consciente, qui a pour effet la délégation (p. 19) de notre humanité, sa démission, son abandon. L’utilisation populaire déjà massive de celle-ci le montre, sans parler de ses dégâts inquiétants au sein de l’école, victime d’un intensif lobbying industriel partout à l’œuvre. C’est ainsi l’homme qui est la première victime de cette nouvelle passion technicienne puisqu’elle pourrait achever de le faire renoncer à lui-même, à sa capacité de penser qui fonde son essence. Par-delà l’aspect utilitaire et pratique de l’IA se cache donc un enjeu “anthropologique ou civilisationnel” remarque bien A. Alombert (p. 29). Reprenant le récit relatif à l’invention de l’écriture dans le ‘Phèdre’ (Platon), elle s’interroge sur ses conséquences humaines, culturelles et politiques que l’inventeur peut ne pas voir. Bien que les effets de l’IA soient sans commune mesure avec ceux de l’écriture, il paraît indispensable de prévenir du danger, des risques qui échappent en l’occurrence à ses agents. Une fois de plus, ce genre de technique n’est pas neutre (p. 42) et il faut assumer complètement ce constat sans chercher forcément selon nous à sauver une innovation en la moralisant pour ne pas donner l’impression de vouloir sortir de l’idéologie du progrès! On observe d’ailleurs que l’usage nocif d’internet, des réseaux sociaux, n’est en fait guère contrôlable. L’ère du préfabriqué, du tout-fait, uniformise, appauvrit, annule “l’esprit critique” (p. 58) dès lors qu’elle s’étend au domaine de l’intelligence dont la fonction essentielle est de comprendre, ce qui implique une expérience psychique dont aucune machine (qui est un objet) ne sera jamais capable. Le comble serait donc que l’homme “imite les machines” (p. 66), comme ces soldats-robots qui par milliers défilent sous l’œil des tyrans modernes, et se livre à la “production industrielle de l’insignifiance” (p. 74).

Patrick Geay

Compte rendu du livre ‘Quid sit lumen’ de Marsile Ficin, paru aux éditions Allia, 2025.    À un moment où certains se pl...
14/05/2025

Compte rendu du livre ‘Quid sit lumen’ de Marsile Ficin, paru aux éditions Allia, 2025.

À un moment où certains se plaignent à juste titre de la tendance chronique de nos intellectuels à se tromper, la lecture de cet opuscule de Ficin sur la lumière pourrait s’avérer d’un grand secours... Brillant platonicien du XVe siècle, son auteur, loin des errances actuelles qui enferment la philosophie dans la rhétorique ou la dégradent en idéologie, fut un exemple d’ouverture universelle à la Vérité, dont on sait aussi à quel point elle est aujourd’hui menacée. À la confluence du christianisme et de l’hermétisme, Ficin a su renouer avec la ‘Prisca theologia’ dont on retrouvera encore quelques traces chez Newton ! Le principe d’une tradition doctrinale inter-culturelle dont la pérennité assurait depuis toujours la transmission d’une science sacrée, constituait le cœur de sa pensée qu’il faudrait ressaisir de toute urgence.

Puisqu’il évoque dès le début de son texte le “Soleil Platonicien” (p. 15), on rappellera que dans son explication de l’allégorie de la caverne Platon indique (Rép. VII, 517b) que l’Idée du Bien “a dans le monde visible, engendré la lumière et le souverain de la lumière”, c’est-à-dire le Soleil, symbole naturel de la divinité. L’étymologie du mot dieu comporte d’ailleurs une racine indo-européenne (‘dei’) qui signifie briller. La lumière est donc en premier lieu, comme dans le Prologue de Jean, une Réalité métaphysique et spirituelle invisible, associée à la Vie et à la Connaissance, dont la lumière sensible est un reflet. De même que chez Platon qui dans le passage précité évoquait la vérité et l’intelligence, Ficin parle du “sublime sommet de l’intellect” (p. 21) qui assure la liaison entre le sensible et l’Intelligible : l’intellect est le “rayon” de Dieu (p. 22). La comparaison orphique entre le soleil et l’œil, comparé à une étoile (p. 35), est aussi remarquable (p. 27).

Ficin conclut en écrivant que “la lumière (‘lumen’) est pour ainsi dire un signe divin (‘numen’) renvoyant l’image de Dieu dans ce temple qu’est le monde” (p. 37). Une telle vision montre qu’elle était encore la hauteur de sa pensée comparée aux piètres ratiocinations de nos “philosophes”.

Dans une brève étude finale, le traducteur B. Schefer signale opportunément la grande importance de la ‘catena aurea’ (chaîne d’or) homérique (p. 44) qui avait fait l’objet d’un ouvrage substantiel de P. Lévêque (1959) dans lequel celui-ci associait cette “lumière rectiligne qui traverse le ciel“ à l’axe du monde, sans oublier la “chaîne d’Hermès” dont on sait aussi précisément le lien cosmique avec le Soleil.

Patrick Geay

Vient de paraître: L'œuvre complète de Michel Vâlsan (1907-1974) en 4 tomes réunit tous les écrits parus dans la r***e g...
20/02/2025

Vient de paraître:

L'œuvre complète de Michel Vâlsan (1907-1974) en 4 tomes réunit tous les écrits parus dans la r***e guénonienne Études Traditionnelles de 1948 à 1975. Le tome I contient les articles parus de 1948 à 1953.

Au sommaire:

Préface (Muhammad Vâlsan)

1. Le Livre du Nom de Majesté : « Allâh » (Ibn ‘Arabî, traduit et annoté par Michel Vâlsan - 1948)

2. Oraisons métaphysiques (Ibn ‘Arabî, traduit et annoté par Michel Vâlsan - 1949)

3. La parure des Abdâl (Ibn ‘Arabî, traduit et annoté par Michel Vâlsan - 1950)

4. La fonction de René Guénon et le sort de l'Occident (Michel Vâlsan - 1951)

5. Textes sur la Connaissance suprême (Ibn ‘Arabî, traduit et annoté par Michel Vâlsan - 1952)

6. L’Islam et la fonction de René Guénon (Michel Vâlsan - 1953)

7. Un texte du Cheikh Al-Akbar sur la « réalisation descendante » (Ibn ‘Arabî, traduit et annoté par Michel Vâlsan - 1953)

8. Les derniers hauts grades de l’Écossisme et la réalisation descendante (Michel Vâlsan - 1953)

9. L’investiture du Cheikh al-Akbar au Centre Suprême (Ibn ‘Arabî, traduit et annoté par Michel Vâlsan - 1953)

https://www.sciencesacree.com/librairie/autres-livres/oeuvre-complete-de-michel-valsan-tome-i.html

Le dernier numéro 46 de “La Règle d’Abraham” contient un entretien avec Brian Red Hat, le Gardien actuel des Flèches Sac...
20/12/2024

Le dernier numéro 46 de “La Règle d’Abraham” contient un entretien avec Brian Red Hat, le Gardien actuel des Flèches Sacrées chez les Cheyennes. Cette conversation intime et révélatrice explore l’héritage culturel et spirituel de cette tribu amérindienne et l’histoire profonde des quatre Flèches Sacrées, symboles de protection, santé et prospérité pour les Cheyennes depuis des milliers d’années.

Dans cet article, le Gardien des Flèches actuel explique comment il a assumé ce rôle sacré après la mort de son père, les défis quotidiens auxquels il est confronté, et son dévouement total à la préservation de la culture amérindienne. Il y révèle aussi les obstacles modernes et les luttes pour maintenir les traditions face aux influences contemporaines, les tentatives de vol des Flèches Sacrées, et les défis pour trouver un successeur. Enfin, l'on y discute des rituels sacrés, des cérémonies de guérison, et du rôle du Gardien en tant que guide spirituel et médical de sa communauté.

Cet entretien offre donc là une perspective historique et un regard unique sur la manière dont ce rôle a été perçu et préservé à travers les générations, conclu par la retranscription d'un rare entretien avec l’arrière-grand-père de Brian, Edward Red Hat, en 1975.

Cet travail, qui invite à réfléchir sur la survie des traditions ancestrales dans le monde moderne, est publié dans le dernier numéro 46 de la r***e "La Règle d'Abraham" qui disponible sur https://regle-abraham.com ou auprès de votre libraire local.

L’article magistral de Jean-Michel Roessli paru dans le dernier numéro de La Règle d’Abraham, et intitulé « La Vision Co...
19/12/2024

L’article magistral de Jean-Michel Roessli paru dans le dernier numéro de La Règle d’Abraham, et intitulé « La Vision Cosmique de Saint Benoît », explore la manière dont la vision cosmique de saint Benoît, telle que rapportée par Grégoire le Grand dans ses Dialogues, a été illustrée à travers les siècles dans l’art chrétien, avec une attention particulière sur une “azulejo” du Monastère São Martinho de Tibães près de Braga, Portugal, du XVIIIe siècle. Roessli analyse cette représentation en la comparant à d’autres œuvres artistiques depuis le XIe jusqu’au XVIIe siècle.

L’auteur commence par contextualiser la vision cosmique de Benoît, où ce dernier voit le monde entier et l’ascension de l’âme de Germain de Capoue. À l’aide de plus de 60 illustrations, il examine ensuite comment cette vision a été représentée de manière variée et souvent symbolique, depuis les miniatures médiévales jusqu’aux azulejos baroques, en passant par les gravures de la Renaissance et l’art de la Contre-Réforme. Enfin Roessli discute de l’interprétation théologique de ces représentations, mettant en lumière leur rôle dans la dévotion, la méditation contemplative, et l’enseignement moral à travers l’art.

Ce fascinant voyage à travers l’art et la théologie médiévale et moderne offre une perspective unique sur la manière dont une expérience spirituelle a été visualisée et interprétée à travers les âges. L’analyse détaillée de Roessli, enrichie par des illustrations et des références à une pléthore d’œuvres d’art, non seulement éduque mais inspire une profonde réflexion sur la rencontre entre la foi et l’expression artistique.

Cette étude exhaustive, et illustrée de manière exceptionnelle, révèle la beauté et la complexité de la vision cosmique de saint Benoît à travers l’iconographie chrétienne occidentale. Un article à ne surtout pas manquer et à découvrir dans le dernier numéro de la r***e "La Règle d'Abraham" #46. Disponible sur https://regle-abraham.com ou auprès de votre libraire local.

Le numéro 46 de la r***e La Règle d'Abraham (déc. 2024, 28e année) est maintenant disponible.Avec 247 pages et plus de 7...
13/12/2024

Le numéro 46 de la r***e La Règle d'Abraham (déc. 2024, 28e année) est maintenant disponible.

Avec 247 pages et plus de 70 illustrations, ce numéro est particulièrement riche en contenu.

Nous avons décidé de le publier en deux formats : une édition en couleur, pour ceux qui souhaitent apprécier les illustrations, et une édition en noir et blanc, pour offrir une version plus abordable.

Au sommaire de ce numéro:
- Michel Chodkiewicz - La vision de Dieu selon Ibn ‘Arabī
- Patrick Geay - Deux problèmes kabbalistiques
- Wajid Grall - Moïse et Shiva (II) - La Théophanie du Buisson ardent et l’affirmation de la Personnalité divine
- Yehuda Moraly - La colonne de lumière - La joie de Rabbi Shimon bar Yochaï
- Gauthier Pierozak - Entretien avec le Gardien des Flèches Sacrées
- Jean-François Houberdon - Masculin et féminin en Islam (II) - À propos d’un livre d’Éric Geoffroy
Jean-Michel Roessli - La vision cosmique de saint Benoît - Sa place dans l’iconographie de la “Vie de saint Benoît” de Grégoire le Grand
- Comptes rendus

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Un grand merci, encore et toujours, pour votre soutien.

Compte rendu du livre ‘Le char des chérubins’ de Baptiste Sauvage, paru aux éditions Cerf, 2023.    On attendait beaucou...
08/11/2024

Compte rendu du livre ‘Le char des chérubins’ de Baptiste Sauvage, paru aux éditions Cerf, 2023.

On attendait beaucoup de cette longue thèse consacrée à Ézéchiel (dirigée par P. Lefebvre) dans la mesure où elle fait l’effort de citer, bien que a minima, les sources mystiques juives et ses spécialistes contemporains. Ceux qui les connaissent savent que la vision grandiose du Trône céleste dont Ézéchiel fait l’expérience est liée à ce que le Talmud estime être “la discipline la plus élevée de l’ésotérisme” (J. Darmon), c’est-à-dire de la kabbale, que l’auteur mentionne curieusement de manière très marginale dans ce gros travail.
Ce qu’on appelle “Maassé Merkava” (Œuvre du Char) représente en fait l’accès à la contemplation du Corps divin (Chi’our Qomah). Il s’agit d’une ascension que la littérature des Palais (Hékhalot) évoque de manière sublime dans plusieurs écrits qui relèvent à l’origine de la Tora orale. L’apparition seulement vers le 1er siècle de notre ère de ce que P. Schäfer (Cerf, 1993) appelle “la mystique juive ancienne” (méprisée par l’auteur, p. 406, n. 1) n’implique pas qu’elle soit tardive, suivant le vieux préjugé historiciste, puisqu’elle représente l’âme secrète de la Bible!
L’approche de l’auteur, il faut le dire, n’a rien à voir avec tout cela; elle consiste plutôt en une analyse littérale qui décompose, découpe, dissèque le texte au point de le rendre paradoxalement méconnaissable. L’examen microscopique de la structure éloigne même de son objet qui finit par être écrasé sous le poids de cet échafaudage exégétique. Le lecteur inhabitué à cette méthode risque d’être assez déconcerté par l’accumulation de tableaux Excel dans lesquels il trouvera des fragments inintelligibles d’extraits en hébreu ou en grec, non transcrits! Ce commentaire littéraire sophistiqué du texte d’Ézéchiel substitue à la tradition juive une série de rapprochements formels souvent forcés avec d’autres passages de la Bible, qui vise en fait sans le dire à contourner la perspective ésotérique (p. 235) que tout un courant ecclésial dominant condamne! Pourtant, sur le plan textuel, l’apocalyptique chrétienne s’inscrit totalement dans la tradition hébraïque sans laquelle elle serait incompréhensible. Les explications morales ou allégorisantes paraissent bien faibles en comparaison (p. 533). Vouloir trouver par ailleurs des influences “culturelles” à la forme des “Hayyot ha-qodech” (animaux saints) paraît saugrenu pour expliquer une vision céleste, ce qui n’exclut pas un fond symbolique commun, négligé par l’auteur. La notion d’Imaginal signalée in extremis dans une simple note (p. 530, n. 2) aurait rendu possible une toute autre perception des quatre Vivants, mais on doute que même dans la suite de sa recherche, discrètement annoncée, l’auteur en fasse un quelconque usage...
On mesure ici au final toutes les limites d’une lecture et d’une interprétation du texte biblique qui demeure extérieure dès lors qu’elle refuse expressément d’intégrer l’idée de connaissance cachée, sur laquelle Valérie Triplet a publié un livre important.

Patrick Geay

Compte rendu du livre ‘Au nom du Temple’ de Charles Enderlin, paru aux éditions du Seuil, 2023.    La centralité spiritu...
08/06/2024

Compte rendu du livre ‘Au nom du Temple’ de Charles Enderlin, paru aux éditions du Seuil, 2023.

La centralité spirituelle de Jérusalem explique l’importance, partout reconnue, de la crise israélienne. En spécialiste de cette dernière l’auteur évoque: les vicissitudes de la guerre fratricide qui oppose depuis si longtemps Juifs et Palestiniens; les multiples tentatives avortées de rapprochement, mais aussi, à côté des calamiteux attentats suicides fomentés par les Arabes, l’existence d’un terrorisme juif ancien qui remonte au moins au groupe Stern et à l’assassinat de F. Bernadotte. L’auteur rappelle courageusement à ce sujet l’influence du rabbin extrémiste M. Kahane sur B. Goldstein qui provoqua en 1994 le massacre du caveau des Patriarches. C’est d’ailleurs l’exemple de celui-ci qui poussera l’année suivante Y. Amir au meurtre de Rabin, qui selon l’auteur aurait aussi été victime d’une tentative d’élimination par le biais de la “magie juive” (p. 254)!

Ce climat de fièvre néo-messianique est bien sûr lié au sectarisme eschatologique et au désir de “précipiter” la Rédemption en reconstruisant le troisième Temple: “Assez des rêves d’un Temple qui descendrait du ciel” s’exclamait le président des Fidèles du mont du Temple G. Salomon en 1998 (p. 309). Cette remarque volontariste sur la nécessité de ne plus attendre la venue d’un Temple céleste est très révélatrice de l’existence d’une tendance qui n’est pas nouvelle (Y. della Reina) à forcer la venue du Messie. On notera à ce sujet un point fondamental auquel fait allusion ce propos. La tradition juive, qui en l’occurrence n’est ici pas respectée, celle du Rouleau du Temple (IIe s. av. JC), celle de la Michna (IIIe s.) et du Talmud de Babylone (VIe s.) soutient au contraire que le Temple à venir “viendra tout construit” des Mains de Dieu (Traité Soucca, 41a), c’est du reste à cette tradition (Prigent, 2002, p. 46) que se réfère l’Apocalypse de Jean (Ier s.). Son auteur parle d’une “Cité sainte, Jérusalem, qui descendait du ciel” (21:10) et précise même qu’il ne voit point en elle de temple, car Dieu “est son temple” (21:22)...

On constate donc à quel point le “cocktail de religion et de nationalisme” dénoncé par L. Wieseltier (p. 266) s’avère dangereux et à quel degré certains aspects du sionisme relèvent en effet comme il le souligne également d’une “révolution séculaire”. On pourrait même aller jusqu’à dire que ce sionisme-là est une subversion du judaïsme, une instrumentalisation de la religion que vient soutenir l’évangélisme (hystérique) américain!

Le phénomène le plus frappant, et aussi le plus improbable compte tenu des persécutions terribles dont les Juifs furent victimes au XXe siècle, réside dans cette fusion monstrueuse entre le néofascisme d’un A. Ahiméir (p. 158) et l’intégrisme religieux le plus radical.

Patrick Geay

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