17/12/2025
Pourquoi ce silence face à la montée inquiétante de la criminalité dans notre pays ?
Pourquoi cette absence de réaction collective alors que les faits s’accumulent, que les drames se répètent et que la peur s’installe durablement dans les foyers ?
Notre société change.
Nos valeurs changent.
Et ce changement n’a rien d’anodin.
Il y a trente ans, le meurtre provoquait l’effroi, la condamnation unanime, le rejet immédiat. Aujourd’hui, le sang ne choque plus. Les images de violence circulent, sont vues, revues, puis oubliées. Avons-nous fini par nous habituer au sang ? Avons-nous perdu cette capacité essentielle à dire non, à refuser l’inacceptable ?
Une question centrale s’impose : qui étudie réellement les mutations sociales que traverse la société comorienne ?
Qui observe, analyse et alerte sur l’état de santé morale, psychologique et sociale de ce pays ?
Qui définit les limites, les seuils à ne jamais franchir ?
Quel est ce plafond moral au-delà duquel une société se désagrège ?
Comment les forces qui influencent la décision nationale peuvent-elles accepter une dégradation aussi brutale de la sécurité du citoyen comorien ? Comment peut-on banaliser un climat où la peur devient la norme et non l’exception ?
Car aujourd’hui, la peur est partout.
Le citoyen ordinaire a peur.
L’investisseur a peur.
L’opposant politique a peur.
La femme a peur.
La mère a peur pour ses enfants.
Les enfants eux-mêmes grandissent dans la peur.
Quel avenir bâtit-on sur un tel terrain ?
Que se passe-t-il réellement dans la société comorienne ?
Qu’est-ce qui a transformé une communauté historiquement fondée sur la solidarité, le respect et la retenue en un corps social qui se fragmente, se méfie, parfois se détruit lui-même ?
Qu’est-ce qui a altéré nos coutumes et nos traditions pacifiques au point de laisser s’installer une logique de violence, une forme de loi de la jungle, étrangère à notre identité profonde ?
Et les silences interrogent autant que les crimes eux-mêmes.
Comment les hommes de religion peuvent-ils se taire face à cette dérive morale ?
Comment les intellectuels peuvent-ils se taire face à l’effondrement du sens et des repères ?
Comment les leaders d’opinion, les éducateurs, les figures d’influence peuvent-ils se taire alors que la société appelle à l’aide ?
Le silence n’est plus une neutralité.
Il devient une responsabilité.
Quand aurons-nous enfin des réponses claires, courageuses, assumées ?
Quand verrons-nous des actions concrètes, visibles, cohérentes, à la hauteur de l’urgence ?
Qui, dans notre État, porte la responsabilité d’apporter ces réponses ? Qui a le devoir d’agir, d’expliquer, de protéger ?
Ce qui est en jeu dépasse les statistiques et les discours.
C’est la sécurité du citoyen.
C’est la confiance collective.
C’est l’âme même de notre société.
Cette réalité n’est pas celle que nous reconnaissons.
Ce pays-là n’est pas le nôtre.
Ce n’est pas l’image que nous avons des Comores.
Rendez-nous notre pays.
Rendez-nous la paix.
Rendez-nous le courage d’agir, maintenant