03/02/2024
CI - Mali / Vive le foot et rien d'autre
A quelques heures maintenant du match historique entre la CI et la République sœur du Mali, nous assistons à un lever de bouclier, ça va dans tous les sens et la tension ne fait que monter.
J'ose croire qu'on n'ira pas plus loin que le fait de la passion dans une situation où les deux peuples frères autrefois très liés entretiennent aujourd'hui des antagonismes profonds sur fond de bisbilles politiciennes pas entièrement réglées.
Mais il y a la magie du sport, l'éthique du football. Elles doivent prévaloir sur tout ce qui se trame çà et là. A savoir que, au-delà des supporters, le jeu concerne 22 acteurs sur l'aire de jeu. C'est eux qui captivent toute l'attraction et notre attention pour 90 minutes au moins. Ils rivalisent d'ardeur au cours du jeu et conformément aux règles sous la surveillance d'un arbitre. Pour cette phase de la compétition, il y a deux issues possibles, victoire ou défaite, échec ou succès. Le principe du jeu veut qu'on accepte l'une ou l'autre des éventualités en toute sportivité.
Le football, la coupe d'Afrique en particulier, c'est pour rapprocher des peuples, renforcer la fraternité. On se mesure sur le terrain et après on se salue, on se congratule. Nous avons vu ces images là tout le long du tournoi. Des entraîneurs qui se saluent, des joueurs qui vont les uns vers les autres parce que se connaissant sur les stades européens. Cette façon de faire ne doit pas échapper au match de ce soir.
Que les maliens nous défient avant le début du match, c'est normal. Que les ivoiriens promettent de faire d'une bouchée le onze malien, c'est aussi normal. Il en a toujours été ainsi lors des grands derbys.
Nous ne devons jamais prendre le risque incontrôlable de vouloir régler les problèmes politiques par le sport. C'est insensé ! Bien au contraire le sport, le foot en particulier doit contribuer à la détente entre nations, il doit servir d'adjuvant au règlement des problèmes politiques, il doit rapprocher les peuples.
En 2005, en pleine crise entre Paris et Abidjan, il y a eu ce match amical entre la Côte d'Ivoire et la France qui s'est soldé par la victoire des bleus. Les joueurs s'étaient salués amicalement après la partie, il y avait eu une légère détente entre les deux pays.
Il y a également ces matchs historiques entre les États-Unis et l'Iran à la coupe du monde dont le dernier remonte à 2022 au Qatar. Les États-Unis (le grand satan, selon l'Iran) l'avaient emporté. Les deux pays avaient accepté le résultat sans heurts et ont continué d'entretenir leur antagonisme.
Le match de ce soir doit donc rester dans le domaine purement sportif. Il ne doit pas être le lieu de l'agitation des haines et des pulsions mal contenues.
Les tensions actuelles sont le prolongement des incompréhensions nées de la crise des 49, il ne faut pas se le cacher. C'est une tâche indélébile dans les relations entre les deux pays que nos autorités doivent s'efforcer d'effacer courageusement pour le bonheur mutuel des peuples. Parce qu'il y a des choses naturelles qu'aucun humain ne peut défaire. Quelle que soit la situation, la Côte d’Ivoire et le Mali sont liés par la géographie. Personne ne peut défaire ce lien !
Sportivement ! A ce soir pour la victoire des Eléphants !