10/01/2026
POURQUOI L’ÉGLISE CATHOLIQUE NE RÉPONDRA PAS ?
L’Église catholique réagit lorsque des personnes sérieuses développent une réflexion argumentée contre sa doctrine. Tel fut le cas des grandes controverses théologiques des cinq premiers siècles. Les hérétiques de cette période n’étaient pas de simples polémistes : ils maîtrisaient l’Écriture, connaissaient la tradition ecclésiale et formulaient des objections doctrinales de haut niveau, obligeant l’Église à préciser et à définir sa foi.
Ainsi, lorsque Arius remet en cause la divinité du Christ, les débats théologiques conduisent l’Église à définir officiellement, au concile de Nicée (325), puis à Constantinople (381), que Jésus-Christ est vrai Dieu et vrai homme, consubstantiel au Père, engendré et non créé.
Lorsque Nestorius pose le problème de l’unité du Christ et de la relation entre ses natures divine et humaine, l’Église se réunit au concile d’Éphèse (431). Les débats aboutissent à l’affirmation de l’unité de la Personne du Christ et à la proclamation de Marie comme Théotokos, Mère de Dieu.
En 451, lorsque Eutychès, s’appuyant sur une interprétation radicale de la christologie alexandrine de saint Cyrille, soutient l’existence d’une seule nature après l’Incarnation, l’Église répond au concile de Chalcédoine. Elle y formule la doctrine christologique selon laquelle Jésus-Christ est une seule Personne en deux Natures, sans confusion, sans changement, sans division ni séparation.
Au XVIᵉ siècle, lorsque Martin Luther pose la question de la justification — en particulier le rapport entre la foi, la grâce et les œuvres —, les débats théologiques conduisent l’Église à une clarification doctrinale majeure lors du concile de Trente (1545–1563). Dans le cadre du dialogue œcuménique contemporain, catholiques et luthériens sont parvenus, en 1999, à un consensus différencié sur cette question, sans nier les différences réelles de compréhension.